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    Notre-Dame-des-Landes : abandon du projet d'aéroport, les zadistes doivent "partir d'ici le printemps"

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    Cédric39
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    Notre-Dame-des-Landes : abandon du projet d'aéroport, les zadistes doivent "partir d'ici le printemps"

    Message par Cédric39 le Mer 17 Jan - 14:38

    Face aux divisions, l'exécutif a décidé de mettre fin au très controversé projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

    Le gouvernement a décidé d'abandonner le très controversé projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La nouvelle, qu'on attendait de la bouche du Premier ministre Edouard Philippe, a finalement été communiquée ce mercredi 17 janvier par le président du syndicat mixte aéroportuaire, Philippe Grosvalet. "C'est officiel. C'est abandonné", a-t-il déclaré à l'AFP. Prévenu par un conseiller de Matignon, il a fustigé "un véritable reniement" et "une très très mauvaise décision du président de la République".

    Cet abandon du projet met ainsi fin à un long feuilleton né à la fin des années 1960, devenu le symbole des atermoiements du quinquennat Hollande. Une décision qui n'a semble-t-il pas été simple à prendre pour l'exécutif. S'exprimant à huis clos devant les députés LREM en réunion de groupe, le Premier ministre avait reconnu, mardi, la difficulté de prendre une décision qui fera forcément des mécontents : "Quelle que soit la réponse, elle sera mauvaise" pour certains, reconnaissait-il.

    Après avoir rencontré plus de 100 élus, il n'est "pas forcément plus facile de se prononcer", avait-il encore souligné, selon des propos rapportés. Le gouvernement avait promis une décision "entre le 15 et le 30 janvier" et refusait d'être plus précis au sujet du choix le plus délicat de ce début d'année.

    "Ce projet ne répond plus aux objectifs actuels"

    En conférence de presse ce mercredi vers 13h30, le Premier ministre Edouard Philippe a regretté "l'indécision des gouvernements successifs", qui a laissé se dresser partisans et opposants du projet "les uns contre les autres". "A tel point que lorsque nous sommes entrés en fonctions il y a huit mois, nous avons trouvé une situation totalement bloquée et dangereuse pour la sécurité des personnes et contraire à l’Etat de droit", dénonce-t-il.

    "Rien n’est pire que l’incertitude. Aussi nous avons décidé de trancher la question, en sachant que si la décision avait été facile, elle aurait été prise depuis longtemps", poursuit le Premier ministre. "Elle suscitera des opinions tranchée et des commentaires définitifs."

    "Je constate que les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Un tel projet d’aménagement, qui structure un territoire pour un siècle, ne peut se faire dans un contexte d’opposition exacerbée entre deux parties presque égales de la population."
    "Les terres agricoles retrouveront leur vocation agricole", annonce Edouard Philippe, qui met en avant une "décision d'apaisement", "logique au regard de l'impasse dans laquelle se trouve ce dossier".

    "Ce projet ne répond plus aux objectifs actuels du secteur aéroportuaire, qui réserve à quelques aéroports nationaux les vols long-courriers", justifie en outre le Premier ministre. En compensation, l'aéroport de Nantes-Atlantique sera réaménagé, avec des mesures prises pour réduire les nuisances sonores au-dessus de Nantes. "Nous accompagnerons le développement de l'aéroport de Rennes Saint-Jacques", promet en outre Edouard Philippe.

    Les zadistes "devront partir d'ici le printemps"

    Signifiant sa volonté de "mettre fin à la zone de non-droit qui prospère depuis près de dix ans" sur la commune de Loire-Atlantique, le Premier ministre a annoncé le retrait de la demande de prorogation de la déclaration d'utilité publique déposée fin décembre par le gouvernement. L'actuelle DUP "deviendra donc caduque le 8 février prochain", annonce-t-il.

    "Les trois routes qui traversent le site de Notre-Dame-des-Landes doivent maintenant être rendues à la libre circulation pour tous. Les squats qui débordent sur la route devront être retirés, la circulation rétablie."
    "Conformément à la loi, les agriculteurs expropriés pourront retrouver leurs terres", martèle Edouard Philippe. "Les occupants illégaux devront partir d’eux-mêmes d’ici le printemps prochain, ou en seront expulsés. De nouveaux projets agricoles pourront être lancés à partir d’avril, dans le cadre de la loi."

    Plus de 400 gendarmes mobilisés

    Signe que l'annonce était imminente, BFMTV rapportait que 455 gendarmes mobiles étaient attendus ce mercredi sur la ZAD pour contrôler et sécuriser la zone : "Certains sont arrivés dès ce mardi, d'autres quitteront leurs casernes mercredi. D'autres déploiements sont prévus à Nantes (5 compagnies de CRS, auxquelles s'ajoutent les effectifs locaux soit environ 400 policiers) et à Rennes (2 compagnies de CRS et 80 policiers). Ces CRS constituent un dispositif pour prévenir tout trouble à l'ordre public au moment où la décision de l'exécutif sera connue."

    Malgré la victoire du "oui" (à 55,17%) au référendum consultatif organisé en Loire-Atlantique en juin 2016, l'exécutif socialiste avait renoncé à expulser les zadistes, ces opposants qui occupent illégalement les terres du projet.

    Plutôt favorable à l'aéroport et au respect de cette consultation, Emmanuel Macron avait toutefois proposé durant la campagne présidentielle une médiation pour tenter de sortir de l'impasse.

    Le rapport remis le 13 décembre par les médiateurs nommés par Edouard Philippe est venu changer la donne : tant Notre-Dame-des-Landes que l'extension de l'actuel aéroport nantais de Nantes-Atlantique sont décrits comme des options "raisonnablement envisageables". Une conclusion vivement contestée par les pro-NDDL et qui a remis en selle la seconde possibilité.

    Evacuation des "plus radicaux"

    L'exécutif n'a rien laissé filtrer lors de la consultation menée ces derniers jours par Edouard Philippe à Matignon, puis lors d'une visite surprise samedi à Notre-Dame-des-Landes.

    La vaste "zone d'aménagement différée" de 1.600 hectares, rebaptisée "zone à défendre" par les opposants, est actuellement occupée par 150 à 200 personnes qui, selon les autorités, en ont fait un "camp retranché" avec une centaine de "militants extrémistes" apparemment prêts à en découdre.

    Qu'ils soient pour ou contre l'aéroport, la quasi-totalité des élus défendent son évacuation, six ans après le fiasco d'une première tentative en octobre 2012, l'opération César. La ZAD sera "en tout cas évacuée des éléments les plus radicaux", a affirmé mardi le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, sur France 2.

    Source: L'Obs (17/01/2018)

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